août

3 mois pour un demenagement

Début juillet finalise ma saison triathlon et mon passage en Lorraine (13ans) avec l’Xterra de Xonrupt.
Place ensuite à mon déménagement en Auvergne, région plus clémente pour l’entrainement avec des parcours pour tous les goûts.  
Cependant, les 3 premier mois ne verront pas les heures et les kilomètres d’entrainement s’additionner, bien au contraire. Place à la préparation de la venue de ma moitié et à l’intégration de mon nouveau milieu.

En TROIS mois cela ne fera que, à 88H00 en 69 séances :
- 7H00 de Natation (7 séances)
- 30H00 de vélo (13 séances dont 5 VTT)
- 30H00 de CàP (30 séances)
- 21H00 de PPG (19 séances)
Trimestre très moyen, puisque mensuellement cela donnerait :
- 2H00 de Natation (2 séances)
- 10H00 de vélo (4 séances)
- 10H00 de CàP (10 séances)
- 7H00 de PPG (6 séances)

Il va falloir se remotiver, puisque n’ayant pas participer à Vichy, je me lance un nouveau défi…. Faire un 24H00 de course à pieds….  RDV est pris pour le WE du 10 & 11 Novembre à Aulnat.

Embrun : Pourquoi (s)

            Une question que souvent on m'a posée, autant par des sédentaires, que des triathlètes : Pourquoi faire un Iron-Man , pourquoi se mettre autant de difficultés et comment les passer ?

            Une question que je me suis posé à mon tour tout au long de ma préparation, en cherchant au fond de moi, en cherchant auprès de mes pères comme des nouveaux venus ; en cherchant aussi auprès de ceux qui me connaissent....

             Je ne chercherai pas à expliquer le pourquoi de nos champions, ils avaient sûrement pour certains les mêmes buts, les mêmes graals que nous, et j'espère pour eux que certains les ont encore, qu'ils ne sont pas tous là que pour un chèque de fin de mois...

             J'ai croisé, en 6 ans de triathlon et en 3 Iron-man, bon nombre de triathlètes, et quelque part nous nous ressemblons tous un peu, c'est nous que nous venons chercher, ce que nous sommes, le meilleur de nous, ce que personne ne peut prendre.
            Une rencontre avec soi-même, mais parfois une fuite aussi, nous fuyons ce que le quotidien fait de nous, ce que nous n'aimons pas de nous. Car soyons honnêtes, derrière nos lunettes noires, nos tri-fonctions flashies, nos physiques préparés au mieux, nos comportements "pinpins" voire parfois un peu hautains, il y a quelque chose en nous que nous n'aimons pas, sinon pourquoi  nous infligerions-nous tant de souffrance, tant de barrières à franchir et d'autres à ne pas passer. 
           La peur aussi, celle de ne pas réussir, ou tout simplement de ne pas être, de ne pas exister. Quelle satisfaction la ligne d'arrivée franchie, de se dire: "je l'ai fait, et de ce fait, j'existe parmi ces milliers de triathlètes qui sont devenus des Irons-man  ou encore une fois pouvoir le confirmer".
            La crainte et le doute, d'y arriver encore, d'aller au bout, de ne rien lâcher, malgré les maux, la douleur, et la peur.

             L'autre grande question, à quoi pensons-nous, parce que 12 à 16H00, c'est long, et n'en déplaise aux intellectuels sédentaires, un sportif ...pense !

             Avant le départ, dans le parc, c'est l'anxiété, le doute, la peur, la joie, et cela tour à tour et dans le désordre.
            Ai-je bien fait, ai-je tout fait, et puis de toute façon, c'est trop tard, on en reparlera dans une 15aine d'heures ou plus. En ai-je assez fait, peut-être trop, ou trop tardivement ? Le temps dans le parc semble bien long, mais il s'échappe terriblement vite, et c'est le nœud au ventre qu'enfin nous nous dirigeons vers le départ.  
           Sur la ligne, tout devient calme, le cœur bat fort, mais c'est dans "sa" bulle que chacun se retrouve, un petit sourire à droite, une "bonne chance" à gauche.... bien que la chance nous n'en avons pas besoin, nous serons un des Iron-man  si l'entrainement a été bien mené et si la malchance ne nous frappe pas tout au long de ses 226 Kms. 

            Le coup de feu retenti, et c'est la libération, là chacun de nous vaguera selon ses choix, ses forces, mais surtout ses faiblesses. Je, car maintenant je suis seul, je vais certes croiser ces sportifs qui eux aussi vont au même endroit, mais chacun avec son voyage qui lui appartient, et c'est donc que de moi dont je peux parler. Je pense donc à poser ma nage, à rester propre, l'eau n'est pas mon fort, mais je sais que dans 1h15 maxi, je sortirai de là, sans être éprouvé. Merci encore à Christophe, tu as encore raison, la natation, c'est l'échauffement, merci à Mickaël, ce n'est qu'un long départ !
            Un moment de rêverie, cela m'arrive souvent dans l'eau, j'ai perdu quelques places, voire même la bonne direction, un peu de concentration et me revoilà dans les pieds... C'est long mais c'est bientôt fini.

             1ère transition, essayer de ne pas perdre trop de temps, penser à ne rien oublier, mieux vaut trop en prendre que pas assez, je pourrai toujours en laisser à l'Izoard...

            Enfin sur le vélo, enfin du bonheur, mais la peur aussi de la chute, surtout quand après moins d'une heure, l'ambulance est à quelques mètres près, au même endroit qu'il y a deux ans, mais ce n'est pas étonnant, beaucoup n'ont pas de trajectoire propre, ne gardent pas leur droite.
        Appuyer, le plat est là et pas de vent, un sentiment de puissance quand je double ces quelques pelotons constitués... Une moto, un arbitre, et pas de sanctions, même pas d'avertissements.... Je déteste l'arbitrage et pourtant je suis arbitre ! (mais cela fera l'objet d'une autre réflexion). 
            L'évasion, c'est un sentiment que j'aurai tout au long de ce parcours vélo, rien de bien anormal quand je cours au centre d'un tel spectacle dont je suis, pour aujourd'hui, un des acteurs principaux. Des spectateurs qui ne me connaissent pas, que je ne connais pas et qui crient "allez Christophe, courage !!!". Un décor fabuleux, grandiose, et encore une fois un soleil qui se pose sur Embrun, tel les projecteurs.
            Le doute, lorsque je n'avance plus, sans aucune raison. J'ai pas mal aux jambes, j'ai pas faim, pas plus fatigué, mais j'avance plus. Le col de l'Izoard est à peine à 5 ou 6 Kms, mais il me faut près d'une heure pour l'atteindre. Je me fais déposer par bon nombre d'athlètes au visage marqué, ils ont l'air dans le dur, c'est pas mon cas, mais j'avance pas... La 1ère grande interrogation, j'avais de l'avance sur mes capacités, et cela fond ... le dégoût.
            L'ivresse, l'espérance que cela n'ait été qu'un passage, une fois de plus, la puissance est là... Le travail paye. Je passe à Briançon, une pensée pour un homme exceptionnel que fut mon prof de sport il y a plus de 20 ans.... Nous sommes tous un peu de ceux que nous avons rencontrés, je suis beaucoup de lui. Un peu aussi de nostalgie, pour ne pas dire de tristesse, une évasion vers mes enfants.
            Le Palon , le Chalevet, le doute, l'envie d'arrêter là car chaque côte est un calvaire pour le mental. Je n'avance pas, comme si je m'endormais et je suis obligé de toujours relancer, pourtant aucun signe annonciateur d'une telle sous-performance. Du coup l'incompréhension laisse petit à petit des traces dans les jambes.
            La délivrance, le vélo est posé, un œil sur le chrono et une demi-satisfaction. 7H50, c'est  18 minutes de mieux qu'en 2009 mais 20 minutes de trop...

            T2, un grand doute, mais je ne semble pas usé. Il fait chaud, il y aura donc du monde, c'est plus facile ainsi.

             Voilà le juge de paix, la course à pied, et celle d'Embrun n'est pas des plus faciles. Je rentre dans ma bulle, ne pense à rien d'autre qu'à courir. Dans un nuage, je passe les premiers kms, et puis la fameuse grimpette qui mène au centre de la ville. Je m'enferme un peu plus, je marche d'un pas rapide, car courir m'est impossible par un tel pourcentage. La côte passée,  je repars, moins vite, mais tout va  bien.
            Et puis je me "rendors", plus rien ne répond, c'est l'incompréhension.  Certes il fait chaud, très chaud peut-être et je n'aime pas cela. Mais de là à ne pouvoir courir plus d'un kilomètre sans marcher ? C'est dans ces moments de solitude que je m'évade, une pensée, beaucoup de nostalgie. Des doutes et une image qui revient toujours et toujours, mes enfants qui m'attendent patiemment pour passer la ligne d'arrivée avec moi.... C'est pour cela que je cours, pour passer la ligne, mais cela se fera sans eux, car pour eux je n'existe plus.

             Nous courons tous après quelque chose, pour quelqu'un; cette année encore une fois, j'aurais aimé que ce soit pour eux, encore une fois ils n'étaient pas là. Alors c'est une autre personne qui m'a donné la force de franchir la ligne. Merci à lui d'avoir forgé un peu de mon caractère, merci de me montrer à travers son combat journalier que rien n'est jamais perdu.

            Je souhaite à tous de rencontrer quelqu'un comme PJ, pour vous montrer un peu le chemin.

             La course est finie, la ligne franchie, et un petit mois pour en faire un peu une analyse.  Et en fin de compte, il me reste après cela encore plus de questions qu'au départ !!!

 

                A l'arrivée :  Un peu de rose tout de même !!!           

 

 

                 

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