JUSTE un peu trop (de) JUSTE

Vendredi 22 début d’après-midi, départ pour NICE via la Suisse et l’Italie. Arrivée au village Expo après maintes péripéties à 12H45. JUSTE 15 minutes avant la fermeture du greffe…. pour l’instant tout va bien.
Petit tour de vélo histoire de se relaxer les jambes avant de le rentrer au parc…. Puis petit tour au village histoire de se relaxer l’esprit.
21H30 au lit, 22H30, les yeux toujours grands ouverts, 23H30 il en est toujours de même. 2H00 du mat, je dois sûrement dormir, mais je vois les minutes du réveil. 3H15, réveil en sursaut, pire que la rentrée des classes. 4H00, enfin c’est la bonne, je me lève, petit déj-sport, et direction le parc à 3 Kms de là.
Une petite demi-heure de marche en compagnie d’un Grec qui fait son Baptême dans la discipline reine, avec au passage le regard de quelques jeunes filles égarées sur le trottoir !!!

5H15, les derniers préparatifs se font dans un silence religieux, le temps semble long et pesant. 6H00 sortie du parc obligatoire, je me dirige vers la mer, je croise Stéphane et Nicolas, deux Messins anciens camarades d’entrainement, qui en sont à leur 2ème NICE et me donnent donc quelques conseils.
La plage est de galets, ce n’est pas très agréable. Bien qu’il n’y ait pas trop de vagues, celles-ci me ramènent facilement sur le bord, quelques mouvements pour m’échauffer et il est temps de se mettre derrière la ligne de départ

6H25, les « PRO » partent et il est temps de se concentrer sur l’exercice en mer, les minutes n’en finissent pas, le silence est sourd, les vagues viennent s’écraser sur les galets, et c’est enfin la délivrance. Je pars à l’extrême gauche, il n’y pas trop de bousculade , la première bouée est assez loin, elle passe sans problèmes, juste quelques vagues qui viennent frapper mon visage et me donnent quelques verres d’eau salée à boire…. Pas très agréable, cela assèche la gorge et rend ma respiration un peu difficile (je ne respire et souffle que par la bouche).
50 minutes, sortie à l’australienne, je ne sais plus combien je devais faire, ni combien de Kms il reste, un rapide calcul me dit que je n’ai que 25 minutes pour faire la deuxième boucle, cela va être JUSTE. J’entends déjà que les premiers sortent de l’eau, je rêve de me désaltérer, mais pas de ravito sur cette sortie, cela manque. Je replonge au plus vite, les galets sont toujours aussi désagréables. Je force un peu ma nage, vise les groupes qui sont devant, la bouche salée, la gorge commence fortement à m’irriter. 1H15 sur mon chrono, je sors enfin. C’est JUSTE le temps que je m’étais donné, c’est bon, je suis content, pour l’instant.

Petite douche froide, histoire de se dé-saler, montée au pas de course, récupération du sac, changement pas très rapide, mais je pense être dans mes temps.
Direction le vélo et surprise, le ravitaillement est entre le change et les vélos, le tapis est trempé et collant, mauvais point ! J’attrape mon fidèle destrier et je me dirige vers la sortie, c’est le bouchon, un peu comme la veille en Suisse, de même à la montée sur le vélo où les arbitres ont du mal à faire respecter la ligne de montée. L’allée est bien trop étroite et je dois mettre plus de 3 minutes entre la récupération de mon vélo et la montée quelques 400 m plus loin.

Enfin je pédale, ça roule vite 34 – 35 jusqu’au rond point de l’aéroport ensuite c’est près de 39 de moyenne, un véritable festival. Je suis moralement dopé par ma natation. Km 22, la belle petite côte, passage en force, 39 X 23, deux dents en réserve, et ça monte vite. Je continue ma route, je suis bien. Km 36, 1H 04 je double encore et encore, petit écart devant, j’évite de justesse, je touche et j’explose la chambre arrière. La haine, JUSTE pas de chance. Je démonte rapidement mais la tringle métallique est à nu, je dois donc prendre un peu de temps pour faire un « pansement » avec la chambre HS pour mettre contre la nouvelle pour empêcher celle-ci d’être en contact direct avec le pneu. 10 minutes, une éternité, je repars, le moral en a pris un coup, mais je dois revenir…. J’appuie, je tire, je roule fort , je double. Km 62, 2H25, j’ai l’arrière qui chasse, je contrôle, pas de pression, ça craint ! Une bombe de PitStop, quelques mots aux dieux des triathlètes, et quelques minutes plus tard je repars, pas fier du tout. Km 72, col de l’Encre 2H52, j’ai presque 20 minutes de retard sur l’horaire prévu, mais j’y crois encore.
4H00 en selle, les pieds me brulent, une sensation jusque là inconnue, je serre les dents, ça doit passer. Les paysages sont magnifiques, il fait chaud, un léger vent qui assèche mais qui rafraichit aussi, sauf les pieds …. cela passe pas. Km 120, 30 minutes plus tard, je fais une halte au ravito, j’ai les pieds en feu comme si je courrais pieds nus sur l’asphalte . Je les arrose, puis repars, cela semble aller mieux, mais j’ai encore perdu du temps. Enfin la descente, un festival, je m’éclate et sers de poisson pilote à un petit Espagnol en Felt chrono qui ne sait pas ce que c’est que freiner. Retour sur le plat, il me passe avec un « gracias » et un pouce en l’air. J’essaie de le suivre, mais il faut que je me fasse très vite à l’idée que j’ai déjà dépensé trop d’énergie, il me faut maintenant gérer. Km 160, dernier ravitaillement, je m’arrête à nouveau, pour refroidir mes pieds. Les derniers kilomètres sont longs, monotones, personne sur les trottoirs, pas plus que sur la route, l’impression d’être seul au monde.   6H25, mais seulement 5H55 de vélo effectif (5H45 en prévision), j’arrive enfin au parc.

Je souffle, je cours, pose mon vélo, et le remercie d’avoir tenu jusqu’au bout. Direction les sacs, j’enlève le casque et carton jaune…. Je « proteste », j’ai plus mon vélo ….  « et si vous tombez dans le parc » me dit il ; « j’ai encore 42 Kms pour tomber !  » répondis-je . Mais je remets le casque, sait-on jamais.
Sac en main je vais m’assoir, changement de chaussettes, une bonne couche de NOK (merci Thierry, je ne connaissais pas). Changement de cardio, c’est un peu de temps perdu, mais c’est une meilleure gestion pour le marathon. Les Bondi.B aux pieds, casquette sur la tête, c’est parti. Tant pis pour ce qui est déjà passé, je veux faire un bon marathon.

La foule, presque autant qu’à Frankfort, une ambiance de fou, je me sens des ailes. Le cardio se stabilise à 142, c’est un peu moins qu’à l’entrainement, mais je suis à 5’15 au Km et il me faut 5’20. Je suis bien. Premier brumisateur, je passe en dessous, mais le ventre prend de suite, oups, faudra plus le refaire. 1er ravitaillement, je marche, un verre d’eau, un demi-gel, et c’est reparti. Le cardio à 140, vitesse constante, c’est bon. 2ème ravitaillement, un verre d’eau pour le dos, un pour la tête, un pour moi, un bout de banane et je repars. Je me sens bien, demi-tour en 26 minutes mais cela montait un peu. Le retour aussi bien, passage au premier tour en un peu plus de 52, je suis serein.
2ème tour presque à l’identique, les ravitaillements semblent un peu plus longs, la foulée est toujours combative, malgré une vitesse un peu moindre. Je croise Coralie qui fait des va-et-vient en roller, un peu d’encouragement qui me font du bien. Passage au 2ème tour en 2H00, j’ai perdu du temps, mais ce n’est pas catastrophique.
Le 3ème tour semble grimpé, pourtant c’est le même, les genoux sont lourds, les pieds s’écrasent, plus de jus. J’ai pourtant loupé aucun ravitaillement. Cela fait 10H30 que je cours, je devrais presqu’avoir fini, mais j’ai laissé des forces en vélo, c’est l’heure de payer l’addition. Je me force à ne pas marcher. Je croise Coralie qui a chaussé ses running, je suis en compagnie d’un jeune qui souffre autant que moi, lui aussi est soutenu. Petit rappel d’un arbitre, elle s’éloigne donc un peu. Le parcours est jonché de détritus, c’est un IM éco il parait…..  C’est fou comme je suis critique quand j’en « chie ». J’attends chaque ravitaillement avec impatience, mais ils sont trop espacés depuis que j’avance plus. 1H30, c’est le temps qu’il me faut pour faire cette satanée 3ème boucle, je crains le pire.
4ème et dernier tour, les jambes sont de plus en plus lourdes, et le trottoir sert de repère à ceux qui n’en peuvent plus. Pas question que j’abandonne, en marchant s’il le faut, en rampant au pire, mais j’irai la chercher cette médaille. 35ème KM, c’est bon, il reste plus grand-chose, je serre les dents et force l’allure, je risque pas grand-chose. Demi-tour, ça tient, plus que 5 kms et un peu plus. Allez c’est de la descente, et j’y crois, je relance et cela à l’air de bien vouloir fonctionner. Plus que 2 ravitaillements, je remercie au passage les bénévoles. J’ai l’impression de voler, je passe sur la contre-allée direction l’arrivée, je savoure . 12H38 , à 1H30 de mes prévisions, à 1H00 de mon meilleur temps mais 4H37 au marathon, nouveau record sur IM.

Médaille au cou, je vais chercher mon T-shirt de finisher.
Il faut maintenant récupérer le vélo, les sacs et retour sur la Lorraine et sa grisaille. im-nice.jpgMerci encore à Coralie pour son soutien, à mes enfants qui sont toujnours dans ma têtes dès que je besoin d'aller plus loin .
Merci aux bénévoles qui sans eux rien ne serait possible.

Carton rouge à tous les triathlètes qui prennent la terre de nos enfants pour une poubelle.
Carton rouge aussi à l'arbitres en short vautré sur la pelouse et qui laisse faire cela!

Tri juin im

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