Compter debout, Arrêt de l'arbitre et Réflexion

Il y a des décisions que l’on ne devrait jamais prendre, mais l’on essaie quand même, sait-on jamais, sur un malentendu … Mais en réalité cela passe rarement.

Ce dimanche fut celui d’une mauvaise décision, celle de prendre le départ du triathlon LD de Saint-Rémy-sur-Durolle. Malgré les 15 jours de terrain à ne dormir que 5 heures maxi par nuit, Malgré les températures extérieures ne dépassant pas les 10°, Malgré les pluies d’automne bien installées, Malgré les giboulées de Mars un peu en retard, Malgré un flagrant manque d’entrainement, à pied, à vélo, en natation, …quoique la natation par 8° fut annulée.

Dimanche, 10H00, prise de dossard sans stress, et moins d’une centaine de vélos dans le parc !!!
Départ donné pour 7,4 Km de course à pied, rapide, un peu trop peut-être. 4’10 au 1er tour et déjà plus de 200 m de retard sur la tête de course, 2ème et 3ème tour à 4’17 c’est largement suffisant, 4ème et dernier tour à 4’25 à l’économie car le parcours vélo n’est pas de tout repos. J’entre dans le parc en 32 minutes, transition souple, veste, gants d’hiver et sur-chaussures, et c’est parti pour 2 tours de 40 Km avec un peu plus de 800 m D+.
Les 1ers kilomètres sont plaisants malgré le pourcentage. Je pars en chasse d’un petit détachement que je rattrape dès la 1ère descente, puis c’est le petit jeu de « suis-moi si tu peux »…. Je serre les dents pour ne pas perdre de distance dès que la pente prend plus de 4%, je donne le rythme sur le plat et m’évade un peu sur les courbes descendantes mais repris dès les forts pourcentages. L’avantage de ce petit jeu est que nous roulons à plus de 28 de moyenne sur un parcours bien accidenté.
Mais au 35ème Km, je le paie cash : en danseuse dans un passage à 8% une douloureuse crampe me rassoit sans aucun ménagement. Je laisse le groupe partir, tant pis, il me faut temporiser si je veux récupérer.
Je passe le 1er tour en 1H28, mais je crains pour la suite. Physiquement je ne me sens pas fatigué tant que je reste au train, bien assis sur ma selle, mais impossible de me mettre debout sur les pédales sans être « foudroyé » par des crampes douloureuses sur l’avant des quadriceps. Je commence sérieusement à cogiter.
Km 57, 2H25, obligé de descendre du vélo pour essayer de m’étirer pendant plus d’une dizaine de minutes.
Km 65, je me fais une raison, je suis KO technique, j’attends tranquillement un arbitre et lui remets mon dossard en lui signifiant mon arrêt, c’est mieux ainsi, je vais rentrer tranquillement, sans pressions, sans me casser.

Il y a encore 1 an, jamais je n’aurais pensé avoir cette sagesse. Le triathlon n’est plus ma route de survie, c’est juste un sport, mon sport, une passion, plus la seule, mais surtout plus ma vie. J’ai après bien des années enfin compris. Je n’ai pas à me détruire ni à fuir. Je me suis assez battu contre ce système pour des enfants qui maintenant ont l’âge de répondre à mes messages. Ce sont eux qui m’ont abandonné et qui, quoique je fasse, me reprocheront de ne pas avoir ……

Alors demain je courrai encore, mais plus pour eux, juste pour moi, pour le plaisir de courir, et pour voir à l’arrivée le sourire de celle par qui je vis aujourd’hui.ld-st-remi-2013.jpg

Et si je ne vais plus aussi vite, je n’en irai que plus loin !!!

Tri

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